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[PREMIERE GUERRE MONDIALE]

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 J'ai le cafard. Voilà six mois que ça dure, six mois, une demi-année qu'on traîne entre la vie et la mort, cette misérable existence qui n'a plus rien d'humain ; six mois sans espoir. Pourquoi tout ce massacre ? Est-ce la peine de faire attendre la mort si longtemps à tant de milliers de malheureux, après les avoir privés de vie pendant des mois. Nous devenons des brutes. Je le sens chez les autres, je le sens chez moi. Je deviens indifférent, sans goût, j'erre, je ne sais quoi faire.

Lettre d’Etienne Tanty, 1915, Anovi, www.grande-guerre.org

  

Voici comment se passent nos nuits. À 8 heures 1/2, la canonnade s'arrête peu à peu. Le silence règne enfin. On entend les pas des soldats, les roulements des caissons de ravitaillement. Défense d'allumer des feux. On mange froid et l'on se couche, à même le sol. On dort tout équipé. Pas de couverture. Des loques humaines couchées en désordre. Une heure du matin. Bing ! Un coup de feu. Bing ! Un autre coup. Une fusillade éclate. L'ennemi attaque comme toutes les nuits, pour nous fatiguer. Quel réveil de cauchemar.

Lettre de Jean de Pierre feu à un ami, 1914, Anovi, www.grande-guerre.org

  

La pluie approche. Une goutte tombe sur mon képi. Après une heure, la pluie redouble : c'est l'averse. Accroupis dans la tranchée, nous attendons. L'uniforme s'imprègne brin à brin. Après trois heures, je sens comme un doigt froid sur ma chair. C'est l'eau qui pénètre. Manteau, veste, chandails, chemise ont été traversés. Après quinze heures, il pleut. La nuit froide glace l'eau dont nous sommes revêtus. Après vingt-quatre heures, il pleut. La canonnade redouble. Je me baisse, je me couche au fond de la tranchée, dans l'eau. Après deux jours, il pleut.

Lettre d’André Fribourg au journal l’Opinion, 1915, Anovi, www.grande-guerre.org

  

Voilà près d'un mois que je ne me suis ni déshabillé, ni déchaussé ; je me suis lavé deux fois : dans une fontaine et dans. un ruisseau près d'un cheval mort ; je n'ai jamais approché un matelas ; j'ai passé toutes mes nuits sur la terre. On dort un quart d'heure de temps en temps. On dort debout, à genoux, assis, accroupis et même couché. On dort le jour ou la nuit, à midi ou le soir. On dort sur les chemins, dans les taillis, dans les tranchées, dans les arbres, dans la boue. On dort même sous la fusillade. Le silence seul réveille.

Lettre d’André Fribourg au journal l’Opinion, 1915, Anovi, www.grande-guerre.org

  

Notre tranchée a une longueur de 100 mètres. Elle est profonde d'un mètre et la terre a été jetée devant, si bien que l'on peut passer debout sans être vu. Elle est très étroite et par endroits, on a creusé plus largement pour pouvoir se croiser quand on se rencontre. Dans le fond, on creuse de petites caves où un homme peut se coucher pour se protéger des obus.

Lettre d’Adolphe Wegel, 1915, Paroles de poilus.

  

Mon général, je me permets de demander à passer dans l'infanterie. Je considère que ma place est là où les risques sont les plus nombreux. Je fais partie d'une famille israélite naturalisée française. Je veux après la guerre, si je reste en vie, avoir la satisfaction d'avoir fait le maximum de mon devoir. Je veux que personne ne puisse me contester le titre de Français, de vrai et de bon Français. Je veux, si je meurs, que ma famille puise être fière de moi, et que personne ne puisse lui reprocher ses origines étrangères. De toute mon âme et de tout mon coeur, je suis décidé à servir la France le plus vaillamment possible.

Lettre du soldat Henry Lange, 1917, Paroles de poilus.

  

Je viens de déjeuner, mais qu'est-ce qu'une demi-boule de pain pour une journée ! J'en ai mangé la moitié et j'ai encore plus faim. Rien que le matin, il me faudrait la boule entière ! Le froid aiguise terriblement l'appétit et, ne pouvant le satisfaire, on est obligé de se recoucher.

Lettre d’Etienne Tanty, 1914, Anovi, www.grande-guerre.org

  

Première Guerre Mondiale:


 Témoignages

Lettre d’Etienne Tanty, 1915,

J'ai le cafard. Voilà six mois que ça dure, six mois, une demi-année qu'on traîne entre la vie et la mort........

Lettre de Jean de Pierre feu

à un ami, 1914

Voici comment se passent nos nuits. À 8 heures 1/2, la canonnade s'arrête peu à peu. Le silence..........

Lettre d’André Fribourg

au journal l’Opinion, 1915

La pluie approche. Une goutte tombe sur mon képi. Après une heure, la pluie redouble ........

Lettre d’André Fribourg au journal l’Opinion,

Voilà près d'un mois que je ne me suis ni déshabillé, ni déchaussé ; je me suis lavé.....

Lettre d’Etienne Tanty, 1914

Je viens de déjeuner, mais qu'est-ce qu'une demi-boule de pain pour ......

Lettre d’Adolphe Wegel, 1915

Notre tranchée a une longueur de 100 mètres. Elle est profonde d'un mètre et la terre ....

Lettre de Jean de Pierrefeu à un ami, 1914,

 À deux heures et demie, un aéroplane allemand survole nos positions. Nous étions repérés et .......

Lettre du soldat Henry Lange, 1917,

 Mon général, je me permets de demander à passer dans l'infanterie. Je considère que ma place ......

À deux heures et demie, un aéroplane allemand survole nos positions. Nous étions repérés et vingt minutes après, le premier obus éclatait à six pas de moi. J'ai été soulevé, projeté à cinq mètres, tout le corps anéanti, couvert de sang. Je me suis levé, abruti, incapable d'articuler un son et j'ai marché. Des hommes étaient couchés sur la route, morts. J'ai couru. Quelle grêle d'obus ! J'en entends un au-dessus de moi, je me lance dans la tranchée, il éclate à un mètre, je me relève, je pars de nouveau. Je me disais : jamais je n'arriverai à l'ambulance. Ah ! Mon ami, que c'est laid la guerre moderne.

Lettre de Jean de Pierrefeu à un ami, 1914, Anovi, www.grande-guerre.org

Tu ne saurais croire l'héroïsme de nos soldats. Hier devait avoir lieu l'attaque d'une tranchée allemande. Au signal, les lieutenants s'élancent en criant : « En avant ! », « A l'assaut ! », « Pour la France » ; et l'un d'eux entonne La Marseillaise. Derrière eux, toute la section. Quel élan, quel enthousiasme pour ces hommes qui savent pourtant qu'ils n'ont aucune chance. Les lieutenants meurent, frappés à la tête. Les soldats tombent à leur tour impossible d'avancer. Les vivants se couchent et tentent d'amonceler de la terre devant leur tête pour se protéger des balles. Le commandant leur fait dire de se replier. Hélas, on ne peut ni avancer, ni reculer. Il faut attendre la nuit. Au soir, un blessé me dit : « Ce qu'il faut souffrir pour la France.»

Lettre du Dr Martin-Laval à sa sœur,  Paroles de poilus.

Lettre du Dr Martin-Laval à sa sœur.

Tu ne saurais croire l'héroïsme de nos soldats. Hier devait avoir lieu l'attaque d'une tranchée allemande. Au signal...